Poisson pimenté
Un dimanche, nuageux, couvert,
parfait pour manger du poisson pimenté dehors sur le balcon.
On est trop concentrés sur la nourriture pour parler,
n’échangeant que quelques mots comme
« c’est pimenté » ou
« attention aux arêtes ici. »
Après le repas, rassasiés et un peu pompettes,
alors que l’air est encore pimenté,
on commence à parler. Coco dit,
« Des images où l’Homme n’est pas le centre. »
Je dis, « Des films où l’image n’est pas le centre. »
Coco dit, « La lumière et les couleurs de Voyage à Lyon. »
Je dis, « Le gris dynamique de cette lumière et de ces couleurs. »
Au moment où je mentionne le gris, le vent commence à souffler,
comme s’il était arrivé d’un coup.
Les arbres dans le jardin commencent à se balancer.
On arrête de parler.
Un silence, bref, inattendu.
Ce n’est pas la conversation qui prend du temps.
C’est le temps qui prend la conversation.
Et après, la pluie commence à tomber.
Traduit par Coco, le 2 juin 2025.